Mes années Ben Ali : un ambassadeur de France en Tunisie

Les Tunisiens ont été heurtés par la position de la France
la veille de la Révolution. Un diplomate français un peu
«à part», et non des moindres, Yves Aubin de La
Messuzière, ancien ambassadeur de France en Tunisie, en
a pris acte et a décidé de rompre le silence. Il avait déjà
détonné et séduit la société civile, en fréquentant les
opposants au régime ou encore en ouvrant, pour la première
fois en 130 ans, les grilles de sa résidence au public,
à une époque où toutes les chancelleries occidentales
faisaient fortifier leurs enceintes.
N'étant plus tenu par le devoir de réserve, l'auteur ne
mâche pas ses mots sur le cartel des familles, le «cas»
tunisien, l'ambiance de fin de règne, diagnostiquant chez
l'autocrate Ben Ali un syndrome indonésien, selon le bon
mot de Jacques Chirac, ou qualifiant Abdelwahab Abdallah
de Raspoutine tunisien.
L'auteur nous fait part de ce qu'il a toujours su et en
partie tu. Toutes les questions sont posées. Tous les protagonistes
de la scène politique tunisienne et française sont
présents. Et, en annexe, deux télégrammes diplomatiques
secrets dont la publication a été exceptionnellement autorisée.
Un grand moment de vérité, non dénué d'humeur, sur
l'exercice tragi-comique du pouvoir dans un «Makhzen
républicain».