Le Queyras : une vallée des Hautes-Alpes. Vol. 1. Le temps des crises, 1789-1918 : de l'ordre communautaire à la prééminence communale

Le Queyras
Une vallée des Hautes-Alpes
Le XIX<sup>e</sup> siècle est une période charnière dans l'histoire du Queyras. Cette vallée, fermée physiquement mais ouverte humainement aux échanges et aux idées, a subi de multiples crises : crise du passage de l'Escarton à l'organisation communale après la Révolution de 1789 ; crise démographique, du surpeuplement à une émigration qui a vidé le pays ; tensions religieuses entre l'Etat, la majorité catholique et la minorité protestante ; crise due aux restrictions imposées à l'utilisation des ressources de la forêt ; crise du système politique dominé par les notables complices de l'administration préfectorale ; difficultés, enfin, de communication avec le territoire national, la vallée étant réduite à une situation marginale de périphérie.
Quatre sorties de ces crises se sont amorcées vers la fin du XIX<sup>e</sup> siècle par : l'apaisement sur le plan religieux, l'adoption des fruitières fournissant les villes de Provence ; la promotion d'un tourisme de villégiature par les émigrés enrichis aux Amériques et la prise en compte politique de la paysannerie par la III<sup>e</sup> République. L'afflux de piémontais compense partiellement le déficit en main-d'oeuvre à un moment de recul des échanges marchands avec le Piémont. L'éducation civique par l'école de Jules Ferry et l'amélioration de la circulation routière à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle, induisent une réelle identification au territoire national et à la Nation.