Louis XIV et sa Cour

«Il faut encore le dire. L'esprit du roi était au-dessous
du médiocre, mais très capable de se former. Il aima la
gloire, il voulut l'ordre et la règle. Il était né sage,
modéré, secret, maître de ses mouvements et de sa
langue ; le croira-t-on ? Il était né bon et juste, et Dieu
lui en avait donné assez pour être un bon roi, et peut-être
même un assez grand roi. [...]
Les louanges, disons mieux, la flatterie lui plaisait à tel
point, que les plus grossières étaient bien reçues, les
plus basses encore mieux savourées. [...] C'est ce qui
donna tant d'autorité à ses ministres, par les occasions
continuelles qu'ils avaient de l'encenser, surtout de lui
attribuer toutes choses, et de les avoir apprises de lui.
La souplesse, la bassesse, l'air admirant, dépendant,
rampant, plus que tout l'air de néant sinon par lui,
étaient les uniques voies de lui plaire.»