La langue basque

Vers la fin du XIXe siècle, les linguistes et autres ethnologues issus
de sociétés savantes émergentes la regardaient avec étonnement. Au milieu du
XXe siècle, leurs successeurs se penchaient au chevet d'une langue dont on
annonçait le dernier souffle. Mais au début de ce XXIe siècle, elle est toujours
vivante, surtout dans la jeunesse porteuse d'avenir.
«Euskara», la langue basque, est non seulement parlée, mais connaît
un renouveau depuis la fin du XXe siècle, à l'école, dans les médias, dans la
vie sociale et culturelle. Avant tout, car elle se partage entre deux États, français
d'un côté des Pyrénées occidentales, espagnol sur l'autre versant. En effet,
lorsque le franquisme mettait à mal la langue des révoltés, Basques et Catalans,
le basque survivait au nord de la frontière, le Pays Basque Nord ou
«Iparralde». Et lorsque, comme aujourd'hui, elle tente de se remettre sur pied
dans sa partie continentale, elle bénéficie d'un soutien venant de son officialité
et sa reconnaissance, acquise sur la partie insulaire dans le cadre des provinces
autonomes du Pays Basque Sud ou «Hegoalde».
Certes, la langue basque n'est pas sauvée dans la partie française où
beaucoup reste à faire, surtout sur le plan de l'enseignement et d'une reconnaissance
officielle. Mais les Basques expriment leur ferme volonté de remporter
l'inimaginable : donner une nouvel élan à l'Euskara.
Ceci dans une société basque ouverte sur le monde, respectueuse des
deux autres langues et cultures du Pays Basque, le français et le castillan.
Oui, l'avenir de la langue basque s'inscrit dans une nouvelle vision de
la société, bilingue et biculturelle, sinon trilingue et triculturelle.