Nouveau savoir-vivre : éloge de la bonne éducation

Il faut considérer aujourd'hui le savoir-vivre comme
un chef-d'oeuvre en péril, car la politesse est mal vue,
voire condamnée au nom d'une certaine morale. Ne
dit-on pas d'ailleurs «Trop poli pour être honnête» ?
Depuis le fameux slogan «Il est interdit d'interdire», la
politesse est considérée non seulement comme surannée,
mais immorale en ce sens qu'elle est faite d'interdictions
destinées à discipliner chez l'homme sa sauvagerie primitive.
Or, elle apparaît non seulement comme un effet
de l'éducation, mais aussi de l'intelligence et du raisonnement,
en vertu de ce principe évangélique : «Ne fais
pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse.»
C'est d'ailleurs un conseil de prudence et le fondement
de toute morale, païenne ou chrétienne. Et c'est
également, si l'on peut dire, un bon placement, ainsi que
l'écrivait Mme de Saint-Lambert, amie des philosophes :
«Il faut se sacrifier au bonheur des autres pour que les
autres se sacrifient à nous. Tout est fondé sur une réciprocité.
On fait un prêt, dont on perçoit les intérêts. C'est
la banque du bonheur, mais il y a de l'agiotage !»
Un livre jubilatoire pour une réhabilitation du savoir-vivre.