La papauté foudroyée : la face cachée d'une renonciation

Le 19 avril 2005, Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation
pour la Doctrine de la foi, doyen du Sacré Collège,
était élu par un conclave largement «wojtylien». Il choisit
le nom de Benoît XVI. Son apparition fut accueillie avec
un enthousiasme modéré par la foule amassée sur la place
Saint-Pierre. Dès le 13 mai, il mettait en oeuvre le procès en
béatification de Jean-Paul II. Par cet acte de piété soutenu
avec force par l'opinion publique, il tenait sous le boisseau
toutes les questions épineuses que Jean-Paul II n'avait pas
résolues.
De la question lefebvriste au drame de la pédophilie,
des abus des Légionnaires du Christ aux scandales financiers,
le dernier pontife romain témoin et acteur de Vatican
II mit plusieurs années à s'imposer. Cette volonté
d'unité et de rectitude de l'Église conduisit Benoît XVI
à relever des défis qui générèrent l'affaire Vatileaks.
Benoît XVI, en renonçant le 11 février 2013, gagna en
popularité en tant que figure sacrificielle. Mais il ouvrit
une voie périlleuse pour l'institution.