Ma cabane en Normandie : chalets, petites maisons et mobiles homes du bord de mer

Petite maison, baraque, cabine, cabane, cabanon, chalet,
bungalow... Les mots foisonnent pour désigner une
forme atypique de résidence secondaire présente sur
une grande partie du littoral français. Certains sites,
densément «cabanisés», sont plus particulièrement connus :
au Cap-Ferret, à Pénestin sur la façade atlantique, ou encore
à Leucate, Istres, Beauduc, Saint-Jean-Cap-Ferrat sur les
côtes de Méditerranée... Saisonnier dans son utilisation,
précaire par ses modes de construction, à la frontière entre
le permis et l'interdit, le rural et le maritime, le domaine
public et le privé, cet habitat transgresse diverses normes,
règles et habitudes. La figure mythique de Robinson Crusoé
plane sur ces lieux, à travers la quête d'un certain isolement
dans un site en communion avec la nature et comme «coupé
du monde». Pour autant, ces villégiatures constituent aussi
des espaces de prédilection pour la famille et le support d'une
convivialité, parfois idéalisée mais aussi bien réelle, autour
de parties de pêche, d'apéritifs entre voisins et bien sûr de
l'incontournable barbecue ! Ce mode de villégiature avait
jusqu'à présent été peu étudié en Basse-Normandie. Pour
explorer le sujet, trois sites localisés à la Pointe du Siège
(Ouistreham), Saint-Côme-de-Fresné, dans le département
du Calvados et à Ravenoville dans le département de la
Manche, ont été choisis en fonction de leur période
d'édification, de leur densité relative, de leurs évolutions
respectives. Ces exemples montrent que l'époque pionnière
- où tout ou presque était permis - est désormais révolue.
"L'esprit cabanon" serait-il voué à disparaître avec la
destruction ou au contraire avec l'intégration de cet habitat ?
Ou encore prendrait-il d'autres formes avec la
personnalisation des caravanes et autres mobile homes
sédentarisés ?