André Taraud, gardien de phare

Durant toute sa carrière, André a veillé sur les
océans. Il a gravi les marches d'une vingtaine de
phares et, parmi eux, les plus terribles, les phares
de l'enfer, ceux de la mer d'Iroise : Les Pierres Noires,
Ar Men, La Vieille, Le Four....
Il a senti le granit des fondations trembler sous les
coups de boutoir des tempêtes, vu disparaître ses
amis emportés par une lame venue des tréfonds de
l'océan.
Le confort est inexistant. L'hiver, l'eau coule
derrière les parois des lits clos ! Le gardien reste parfois
plusieurs jours sans nouvelles de la famille.
Le téléphone ne sert qu'aux vacations techniques.
Une vie austère pour un métier noble, une vie
où chaque phare est une aventure périlleuse.
Mais cette vie, André l'a désirée et ne regrette pas
ce choix ; il serait prêt à le refaire tant la sensation
de liberté est grande, au large des côtes de France...