Flic, c'est pas du cinoche : document

Au cinéma comme à la télévision, le genre policier ne connaît pas la
crise. Mais ces fictions, surgonflées à coups de 9 mm, correspondent-elles
vraiment à la réalité ?
L'auteur a vécu une partie de sa carrière d'inspecteur dans les années
quatre-vingt entre flingages, bavures et infiltrations, dans un milieu
parfois peuplé de ripoux et souvent porté sur l'alcool. Pour autant, la vie
actuelle des policiers est très loin des clichés véhiculés par les films et
les séries. Les flics ne sont pas tous des experts en arts martiaux. «Les
interpellations finissent souvent au sol... et le policier se blesse.» Les
femmes ne peuvent pas toujours compter sur leurs équipiers. «Une
adjointe de quarante-cinq kilos a traîné à l'abri un collègue au fémur
brisé alors qu'un grand costaud était parti se planquer.» Leur vie
sociale et amoureuse est compliquée. «À l'annonce de notre union,
beaucoup d'amis de ma femme l'ont quittée. Comme si nous avions la
gale.» Les cellules de garde à vue ne sont pas des décors de ciné. «La
geôle n'est qu'un nid à microbes où sèchent la merde, le sang malade et
le glaviot format familial.» Et ces «héros» ont aussi des failles. «Une
nuit, j'ai craqué. J'ai décidé d'en finir avec la vie... Je suis rentrée
chez moi avec mon arme de service.»
Dans cette enquête inédite, de nombreux policiers se livrent sans
concessions ni fausse pudeur, avec humour et parfois désespoir, faisant
émerger une réalité très crue : être flic, c'est pas du cinoche.