Sahib

«Philippe aperçut dans la pénombre la silhouette
de Mrs Rao. Il réunit ses mains à la hauteur de la
poitrine, comme il l'avait vu faire en France dans des
groupes bien disciplinés de méditation, et beaucoup
moins en Inde. Il campa dans cette position pendant
qu'elle ne se pressait pas à lever les yeux sur lui. Son
estomac se noua. Elle ressemblait à une icône, un
personnage légendaire sorti d'un vieux film de
Bollywood. Son regard, pénombre ou pas, était
incroyablement sévère. De taille moyenne, Radhika,
cheveux prisonniers d'un impeccable chignon, lui
offrit un visage lisse des plus fermés.»
Chennai (Madras), à l'automne 2004. Dipu veut
épouser Philippe. Problème : l'un est indien, l'autre
français. Ce n'est pas la pire difficulté. Que doit-on
concilier au plus vite, la question de la nationalité ou
les principes d'un tel mariage ? Ajoutez une grave
accusation de piratage. A quel saint, à quel Krishna
peut-on encore se vouer ? Dans l'Inde de la
mondialisation les schémas traditionnels aussi sont
secoués...