Sorcières & diables en Gascogne : fin 14e-début 19e siècle

Pendant des siècles, la sorcière a été tolérée en Gascogne, elle ne s'appelait pas la brouche, mais la pousouère, celle qui maîtrisait aussi bien l'art de tuer que celui de guérir ; les malheurs du temps et une dangereuse surévaluation des pouvoirs du Diable, conduisirent gens d'Eglise et gens de justice à diaboliser la pousouère, à élaborer un fantasme européen : celui de l'existence d'une secte organisée de serviteurs de Satan, vouée à détruire l'ordre humain et divin. Ce fut le temps atroce des bûchers.
Les communautés, les "pays", inventèrent des "chasseurs de sorciers", sollicitèrent l'intervention des juges. Le malheur frappa surtout les femmes et pas seulement les plus misérables.
A partir du XVIII<sup>e</sup> siècle, il n'y eut plus, pour les tribunaux que de "faux sorciers" ; mais le fantasme avait durablement infecté les esprits et des bûchers, "sauvages", flambèrent encore dans les campagnes jusqu'au milieu du XIX<sup>e</sup> siècle.
L'histoire de la sorcellerie diabolisée nous plonge ainsi dans un univers tragique et énigmatique : comment les humanistes de la Renaissance, les contemporains de Descartes, purent-ils condamne à un affreux supplice des innocentes ? Ce n'est pas la banalité du Mal qui nous étonne ici, c'est la perversion du Bien.