Geneviève de Gaulle Anthonioz : l'autre de Gaulle

Le général de Gaulle avait reconnu en elle le plus fidèle de
ses compagnons. Il lui dédicaça ainsi ses Mémoires de
guerre :
«À ma chère nièce Geneviève, qui fut, tout de suite, jusqu'au
bout, au bord de la mort, un soldat de la France libre,
et dont l'exemple m'a servi.»
Geneviève de Gaulle Anthonioz (1920-2002)... Derrière ce
nom, pour partie célèbre, se cache une femme qui prit soin
de rester à l'écart de la gloire, mais fut intimement liée aux
grands combats du XX<sup>e</sup> siècle : résistante de la première
heure, déportée à Ravensbrück, puis orateur au sein du RPF,
intermédiaire discret dans la guerre d'Algérie, celle qui fut
très tôt surnommée le «petit de Gaulle» partageait avec son
oncle la ténacité, le sens de l'humour, la grandeur d'âme, et
une certaine idée de l'homme...
Cette idée de l'homme la conduisit en 1958 à engager un
long combat contre la misère. Au sein d'ATD quart monde,
dans la boue des bidonvilles ou sous les ors de la République,
elle n'aura qu'un souci : restaurer la dignité de
l'homme. Pendant quarante années, en plus d'une vie familiale
bien remplie et malgré une santé précaire, la grande
dame de la République donnera la parole à ceux qui ne sont
plus rien.