L'adieu aux rois : Paris, janvier 1794

«On venait d'ouvrir le cercueil de Marie de Médicis. [...] Il était
[...] en putréfaction liquide. [...] Sa tête était entière et garnie de
beaucoup de cheveux.
Aussitôt, il a entendu les [...] ouvriers et autres assistants qui
accusaient cette princesse du meurtre de son époux. [...] Ces
imprécations signifiaient néanmoins un hommage [...] rendu à la
mémoire d'Henri IV toujours chérie, malgré la haine prononcée
contre le nom de roi ! Les ouvriers [...] ont arraché et distribué au
hasard ses cheveux. Il m'a confessé avoir alors tendu, au milieu
du groupe, une main incertaine qui a réussi à en saisir une petite
touffe qu'il a eu soin de conserver...»
1793, la France est assiégée. Prussiens, Autrichiens et Anglais
cantonnent à quelques heures de Paris. Le bruit court que le
roi de Prusse a fait retenir les loges à l'Opéra. Lyon et Bordeaux
sont en rébellion contre la Convention tandis que les Vendéens
insurgés ont pris Angers et Saumur. Terreur, sauvagerie et férocité
caractérisent cette guerre civile.
Le conventionnel Barère appelle à la destruction des mausolées
royaux. Les sans-culottes applaudissent et l'abbé Grégoire lui-même
s'enthousiasme. Les cercueils des rois et reines de France,
princes, princesses, religieux et grands de l'État sont ouverts et
leurs corps extraits un à un puis jetés dans deux fosses communes.
Un témoin, Ferdinand Gautier, personnage réel, royaliste et
catholique fervent, relate jour par jour ces faits à l'avocat
robespierriste Marc Antoine Doudeauville...