Le retour du conte de fées, 1715-1775. Vol. 4. Les conteuses du XVIIIe siècle. Vol. 3. La jeune Américaine et les contes marins (La Belle et la Bête). Les belles solitaires. Magasin des enfants : La Belle et la Bête

Le retour du conte de fées, 1715-1775. Vol. 4. Les conteuses du XVIIIe siècle. Vol. 3. La jeune Américaine et les contes marins (La Belle et la Bête). Les belles solitaires. Magasin des enfants : La Belle et la Bête

Le retour du conte de fées, 1715-1775. Vol. 4. Les conteuses du XVIIIe siècle. Vol. 3. La jeune Américaine et les contes marins (La Belle et la Bête). Les belles solitaires. Magasin des enfants : La Belle et la Bête
Éditeur: H. Champion
20081636 pagesISBN 9782745316387
Format: ReliéLangue : Français

Enfouie sous une chape d'oubli ou proposée dans des rééditions

dépourvues de rigueur critique, la production féerique de M<sup>me</sup> de

Villeneuve et de M<sup>me</sup> Leprince de Beaumont, narratrices

qu'associent pour toujours leurs deux versions littéraires du conte

intitulé «La Belle et la Bête», est ramenée ici à son aspect originel

grâce à un travail philologique attentif, qui en restitue aussi le cadre

intégral initialement prévu : La Jeune Américaine et les contes

marins (1740-1741) et Les Belles Solitaires (1745) pour M<sup>me</sup> de

Villeneuve, le Magasin des enfants (1756) pour M<sup>me</sup> Leprince de

Beaumont. C'est avant tout leur distance littéraire que met en

relief, malgré leur proximité chronologique, cette opération de

fouille ou de restauration de leurs oeuvres.

Chez M<sup>me</sup> de Villeneuve, la sensualité souriante ou menaçante

liée au goût des Lumières, s'entoure d'hommages au Grand Siècle,

qui la rapprochent de Crébillon père, l'académicien dont elle fut

longtemps l'assistante.

Chez M<sup>me</sup> Leprince de Beaumont, dont l'image a été renouvelée

par d'étonnantes découvertes biographiques, la modernité prend

résolument le pas sur la tradition : en témoignent la linéarité cristalline

de ses contes, pourtant insérés dans une chaîne palindromique

assez complexe et porteuse de signification, la vivacité de

son style coupé, sa réception subvertie des emprunts intertextuels

du passé, et la dominante pédagogique qui la caractérise, en mesure

d'anticiper sur le développement du genre féerique au siècle suivant,

sans pourtant sacrifier entièrement, comme on l'a trop vite

affirmé, le pouvoir euphorisant du merveilleux et le plaisir du

«contage» qui ont contribué à projeter ses contes - sa «Belle et la

Bête» en particulier - dans l'imaginaire fabuleux de notre époque.

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