Aux frontières du vide : Beckett, une écriture sans mémoire ni désir

Si on pouvait rêver du vide, le rêve beckettien serait celui d'un monde sans
mémoire, ni désir, un monde sans autrui - un monde évacué, sans littérature,
ni mots, ni pensée. Sans lecteur. Un texte sans lecteur ou une scène sans
acteurs.
L'oeuvre beckettienne : une oeuvre négative ?
Dans cet essai original d'inspiration psychanalytique, Ciaran Ross
défend l'idée qu'il est temps de réapprendre à lire la négativité de Beckett.
S'inscrivant dans une tradition psychanalytique de la relation d'objet qui
va de Klein à Anzieu en passant par Winnicott et Bion, l'ancien analyste de
Beckett, l'auteur propose une nouvelle lecture de la première trilogie et d' En
attendant Godot , axée sur l'exploration et la quête du vide et de la négativité,
avec ses "objets intermédiaires", tels le "jeu" et la "pensée". Soucieux de
nuancer et d'équilibrer l'équation entre théorie et texte, symptôme et écriture,
l'auteur montre que c'est Beckett qui nous invite à interroger, par le jeu et la
pensée, son imagination et son écriture, si riches en matière négative.
L'auteur fait pour la première fois le lien entre les concepts
psychanalytiques abordés dans cette étude - le vide, le jeu, la pensée - et les
concepts opératoires de la critique post-structuraliste : écriture, différ a nce,
espacement, altérité.