Rouget le braconnier

Le 9 juillet 1854, Louis Rouget, paysan sans terre du nord de l'Anjou, est surpris à braconner par deux gendarmes. Un coup de folie ou de terreur et il tire à cinq reprises sur l'un d'eux. Par miracle, celui-ci n'est que légèrement blessé.
Ce jour-là, Louis rouget, qui a décidé de fuir la justice, devient le légendaire Rouget le Braconnier.
Pendant près de trois ans, il est traqué par la maréchaussée. La forêt, qu'il connaît à merveille, est le terrain de prédilection pour «jouer» avec les bicornes qui tentent d'attraper le fugitif. De plus, la population paysanne, en majorité, a pris fait et cause pour ce malheureux qui n'a pas tué. Elle le protège et le cache régulièrement. Des anecdotes turbulentes jalonnent son existence de hors-la-loi. Mais, le 19 août 1855, Rouget est condamné à mort par contumace. Avec ce jugement commencent les premières poursuites de la justice contre les protecteurs du braconnier.
Toutefois, celui-ci continue à faire courir et à narguer les gendarmes. Aussi le Garde des Sceaux demande-t-il de constituer une «police secrète» qui sera faite par des paysans qui, en échange de petites sommes d'argent, donneront des informations sur le braconnier.
Le 21 janvier 1857, Rouget est fait prisonnier suite à une trahison ourdie par la gendarmerie avec l'aide d'une femme. Vingt-deux jours plus tard, il est condamné (le procès ne durera qu'une journée) aux travaux forcés à perpétuité. Le 19 avril 1858, après une tentative d'évasion, rouget le braconnier meurt au bagne de Cayenne.
Louis rouget aura été un homme traqué, un héros malgré lui. Maître Affichard, son défenseur pendant le procès, aura les mots justes pour le définir : «Ce n'est pas plus un bandit qu'une victime ; disons-le, c'est un coupable, mais c'est surtout un malheureux».