Diaz calas en el hacer de la poesa de Pablo Neruda : Residencia en la tierra y Canto general

Perçue comme dense et difficile, qualifiée parfois d'hermétique, la poésie de Pablo Neruda a porté ses commentateurs à accomplir une tâche de déchiffrement du sens qui, commencée dans les années 1930, est encore loin d'être achevée.
Nous disposons aujourd'hui d'une bibliographie foisonnante qui, parce qu'elle met patiemment et minutieusement en lumière ce que cette poésie dit, nous permet de connaître avec une grande précision sa riche teneur conceptuelle. Les études consacrées à la dimension matérielle de l'écriture nérudienne, à sa facture, à sa condition proprement poétique, sont en revanche bien moins abondantes.
Cette dimension, dans et par laquelle l'écriture ne dit pas mais fait, est l'objet premier de ce livre. Chacun de ses chapitres se construit aufour d'un poème dont sont mises en relief les particularités physiques - accentuation, nombre de syllabes, pauses, enjambements, disposition des mots, jeux phoniques. Mais il ne s'agit pas d'exercices purement formels. Le sens n'y est pas délaissé. Il est, au contraire, partout présent : là où il est d'habitude perçu - dans ce que les mots disent - et là où on le discerne le moins souvent - dans le faire des mots.
Dit autrement, le sens est ici saisi en tant que sens spécifiquement poétique, dans son enchevêtrement avec ce qui détermine que l'écrit soit poème.