Molière

Né en 1622 dans une famille prospère, Jean-Baptiste
Poquelin, devenu licencié en droit, décide de renoncer à la
sécurité d'une carrière pour se lancer dans le théâtre. Avec sa
maîtresse Madeleine Béjart, il fonde en 1642 une compagnie,
«L'Illustre Théâtre», troque son nom contre celui de Molière
et se produit dans les théâtres parisiens. Mais c'est l'échec,
la troupe est mise en liquidation, son fondateur jeté en prison.
S'ouvre une longue période obscure au cours de laquelle
Molière et sa troupe sillonnent la France en tout sens, jouant
là où on veut bien d'eux, gagnant parfois à peine de quoi assurer
le gîte et le couvert. Le début du succès vient avec la protection
du Prince de Conti et l'écriture de ses propres pièces. A partir
de son installation définitive à Paris en 1658, il enchaîne les chefs-d'oeuvre
qui sont tous des triomphes. Autant haï par ceux qui
critiquent la force subversive de son théâtre et sa vie privée
embrouillée (on ira jusqu'à l'accuser d'avoir épousé sa propre
fille) qu'adulé à la Cour - le roi le prend en amitié, le pensionne
et même le défend quand Tartuffe fait scandale -, Molière meurt
en 1673, pratiquement sur scène, alors qu'il jouait
Le Malade imaginaire.
Une érudition savamment maîtrisée, un style vif et alerte,
une excellente connaissance de l'histoire littéraire, sociale et politique
permettent à l'auteur d'écrire une biographie sensible et
passionnante, enrichie par la peinture de toute une époque.