La cellule de Langerhans

Berlin 1868. Paul Langerhans, un jeune étudiant en
médecine de 21 ans, observe et décrit pour la première
fois dans l'épiderme une cellule colorée par le chlorure
d'or et présentant de fins et longs prolongements cytoplasmiques.
Cette cellule portera son nom, la cellule de
Langerhans.
La cellule de Langerhans connaît, entre 1868 et 1961,
une longue période de discussions hypothétiques quant à
son origine. En 1961, sont observés, pour la première fois
en microscopie électronique dans cette cellule, des
organites cytoplasmiques spécifiques : les granules de
Birbeck. Au cours des années 1976-1979, particulièrement
riches, sont décrits l'origine médullaire des cellules
de Langerhans et leurs marqueurs membranaires qui
permettent de leur attribuer une fonction immunologique.
Puis les travaux vont se multiplier tout au long de ces
vingt-cinq dernières années et la cellule de Langerhans
deviendra à la fois la cellule-pivot de l'immunité cutanée et
muqueuse et le modèle d'étude des cellules dendritiques,
cellules initiatrices et régulatrices des réponses immunes.
Depuis 1992, on sait produire ces cellules de Langerhans
in vitro. Depuis 2000, on connaît la langerine et son
gène, responsables de la formation des granules de
Birbeck.
Aujourd'hui, la cellule de Langerhans est la cellule
dendritique la mieux connue chez l'homme.
Elle représente une cellule fondamentale des défenses
immunitaires de la peau et des muqueuses. C'est elle qui
déclenche les réactions immunes face aux agressions
environnementales, physiques, chimiques ou biologiques.
Elle intervient dans les défenses anti-microbiennes et
anti-cancer. Elle peut être infectée par le virus du sida
dont elle représente le réservoir et le vecteur de transport
dans l'infection transmuqueuse chez l'homme. Elle est,
aujourd'hui, non seulement une cible thérapeutique pour
les substances immunosuppressives mais aussi un outil
thérapeutique dans la thérapie cellulaire.
Ce livre, le premier en langue française, décrit l'état de
nos connaissances actuelles sur cette cellule. Ecrit par
les meilleurs chercheurs francophones de ce domaine, il
s'adresse aux enseignants des lycées et des universités,
aux vétérinaires, médecins et scientifiques, chercheurs
ou praticiens intéressés par un des domaines les plus
riches de la biologie de la peau et des muqueuses : les
mécanismes de défense immunitaire fondés sur cette
cellule-sentinelle.