La dette de sang : un Arménien traque des responsables du génocide, 1921-1922

En 1915-1916, plus d'un million d'Arméniens sont
déportés et massacrés par le gouvernement jeune-turc.
Malgré l'effondrement de l'Empire ottoman, allié de
l'Allemagne et de l'Autriche, au lendemain de la guerre,
aucun «procès de Nuremberg» ne châtie les auteurs du premier
génocide du XX<sup>e</sup> siècle.
La Fédération révolutionnaire arménienne (Dachnak)
décide alors de rendre justice elle-même. Des militants chargés
d'exécuter les responsables majeurs du carnage se lancent
sur leurs traces à travers toute l'Europe.
Archavir Chiragian (1900-1973) est à la fois le témoin
du génocide et l'acteur de la longue traque qui s'ensuivit. Il
rapporte, dans ses souvenirs, comment, âgé d'une vingtaine
d'années, il a pourchassé, à Rome, l'ex-Premier ministre du
gouvernement jeune-turc et, à Berlin, l'idéologue du mouvement,
tous deux en tête de la liste noire dressée par les victimes
de l'extermination. De capitale en capitale, de train en
train, de service secret en service secret, ce roman vrai d'une
vengeance froide se lit avec émotion et passion.
Un témoignage unique qui peut figurer en bonne place dans
la littérature concernant le terrorisme. Non point du terrorisme
aveugle et publicitaire tant pratiqué aujourd'hui, mais terrorisme
du dernier recours au nom d'une collectivité, dans le
droit fil de la tradition du tyranicide.
« Le récit de Chiragian, à la fois haletant et froid, sera lu
avec passion par les amateurs de thrillers et par ceux qui
réfléchissent sur les rapports entre morale et politique ».
Pierre Vidal-Naquet, Le Monde.