Le rapporteur : et autres récits

Des exercices de style virtuoses et souvent
drôles, empruntant divers genres ou formes -
le policier, le conte picaresque ou le monologue
- forment les nouvelles qui composent ce recueil...
Autant d'histoires où s'entendent en écho les
influences avouées de l'écrivain : Onetti, Céline,
Kafka, Beckett. Avec une extraordinaire modernité,
Carlos Liscano parvient à mêler l'absurde au
réalisme et la naïveté à la rage. Car, si c'est bien
dans le coeur oppressif et moite d'une prison
uruguayenne qu'il a commencé à écrire, une des
grandes singularités de ce recueil tient au fait
que Carlos Liscano ne raconte pas ce qu'il est
en train de vivre comme s'il s'agissait de la
simple confidence d'un prisonnier politique.
Carlos Liscano «rapporte» des faits et des
sentiments humains, mais, à ce verbe, il offre
un sens absolument inventif, et la réalité
uruguayenne se trouve transmutée, fondue
dans les timbres si singuliers de sa voix.
«Liscano montre l'histoire comme une anecdote.
Il la prend, la passe au crible et nous l'offre,
présentée par l'impeccable, et, parfois cruel,
prisme du poète.»
Luis Sepulveda