La vie secrète du Diogène

Pendant trois ans, un journaliste et une photographe ont tourné autour
de la vie secrète du Diogène. Enquêtes de terrain, filatures, entretiens
et prises de vue. Le texte et l'image avancent de concert, s'encouragent
mutuellement pour se rapprocher de cet univers singulier, de cette forme
de solitude humaine accomplie qui, jour et nuit, cultive en secret ses
habitudes d'accumuler chez soi des objets de toutes sortes. Montrer les lieux
avant que ne débute le travail de déblaiement ; rencontrer tous ceux qui - du
pompier au gendarme, de l'aide à domicile au nettoyeur, du concierge au
gérant d'immeuble - se retrouvent à devoir apporter une réponse professionnelle
à ce qui, il faut bien le reconnaître, continue à échapper à notre
entendement. Cette enquête au long cours poursuit en somme le même
but que son objet : collecter et réunir des cas, des lieux, des témoignages.
Contrairement aux idées reçues, la souffrance du Diogène n'a pas d'âge,
pas de géographie privilégiée, pas de «raison sociale». Elle habite la ville
comme la campagne, les beaux quartiers comme la banlieue lointaine. Elle
est pauvre ou fortunée, jeune ou vieille, elle se reconnaît à sa commune
passion dévorante : chasser le vide par le plein.