Les mamelles de Tirésias

Les mamelles de Tirésias
Éditeur: Pythagore
200560 pagesISBN 9782908456424
Format: BrochéLangue : Français

Les mythes nous sont offerts, à nous de les utiliser !

Tirésias , devin grec parce qu'il a fait l'expérience des deux sexes,

y apparaît souvent aux côtés de Zeus, Ulysse, OEdipe...

Il est en quelque sorte, à la croisée des chemins.

Quand, en 1917, Apollinaire vient à passer, il s'en empare

et fait un personnage de son époque : une femme qui,

lasse de sa condition, se transforme en homme et quitte son foyer.

Le mari, de son côté, accouche de 40049 enfants !

Ainsi débute le drame surréaliste et nataliste d'Apollinaire,

Les Mamelles de Tirésias , où il est fait un

«usage raisonnable des invraisemblances» !

Plus tard, cette oeuvre, placée sous le signe des métamorphoses,

se fera musicale : adaptée par le facétieux «Titus»,

c'est à dire Francis Poulenc. Aujourd'hui malheureusement, la pièce

d'Apollinaire et l'opérette de Poulenc se font rares à la scène...

Enfin, après une incursion chez Alfred Jarry dont il illustra

Ubu Roi, Daniel Casanave nous permet de découvrir (ou retrouver)

la pièce de Wilhelm Apollinaris Kostrowitzky.

Ces Mamelles de Tirésias, Daniel Casanave les connaît bien

puisqu'il en réalisa la scénographie en 1986 pour

Le Théâtre de la Grande Oreille ;

il y joua même un rôle, celui de Lacouf !

Apollinaire ! Un nom d'eau minérale pour

un poète lunaire célébrant les Alcools.

Apo «lunaire», frappé des étoiles pendant

la Grande Guerre, à la voix languide,

telle qu'elle fut captée sur les rouleaux

des Archives de la Parole, pleurant les

vers du Pont Mirabeau ; car c'est bien lui

le poète un peu triste et languide, le Mal

Aimé des déceptions amoureuses et

«Des éternels regards l'onde si lasse».

Mais c'est pourtant et autant l'auteur

révolutionnaire de Zone , le promoteur

du cubisme, le premier à s'affranchir

de la ponctuation : «Soleil cou coupé».

C'est bien sûr et encore l'inventeur

du Calligramme et le licencieux subversif

des vieilles légendes allemandes qui

changeait les vierges en verges, amateur

d'art, familier du Bateau-lavoir, que sa

passion des tableaux conduisit en prison...

On enterra cet italo-scythe le jour de

l'armistice, ce Onze Novembre 1918, quand

les Parisiens criaient «A bas Guillaume !»

La légende était close : Cendrars jura

qu'Apollinaire avait, ce jour-là, déserté

son tombeau... et pourtant l' Enchanteur

pourrissait.

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