L'épuration, 1944-1949

À la Libération, avant que les cours de justice et chambres
civiques soient créées, et à la faveur de mouvements
de foule, résistants et populations s'en prennent aux collaborateurs
ou considérés comme tels. La collaboration
féminine est sanctionnée par la tonte des cheveux et l'exhibition
dans les rues, les coupables étant accusées de
collaboration horizontale.
L'épuration "extrajudiciaire" entraînera quant à elle la mort
d'environ 9 000 personnes.
Par la suite, un cadre juridique prend le relais de ces exécutions
sommaires. Il s'exercera par l'entremise de tribunaux
d'exception, et traitera plus de 300 000 dossiers, dont
97 000 entraîneront des condamnations, les peines s'échelonnant
de 5 ans de "dégradation nationale" à des peines
de détention, jusqu'à la peine capitale. Au total, environ
2 000 français supplémentaires seront exécutés.
Le gouvernement de la République votera ensuite trois
amnisties, en 1947, 1951 et 1953.
Longtemps l'épuration a été un tabou dans la mémoire
collective.
Cet ouvrage inédit, fruit d'un long travail de recherche, se
fonde sur une bibliographie approfondie, mais aussi sur
une trentaine de témoignages directs, du camp de Drancy à
la prison de Fresnes, de la caserne de Saint-Denis et du fort
de Romainville, au sujet desquels les informations demeuraient
encore rares.