Connaissance des Pères de l'Eglise, n° 98. Les Pères et les invasions barbares

«Le monde aujourd'hui est comparable à un instrument
à broyer, il exerce des pressions. Mais, si tu
es le marc, tu vas à l'égout ; si tu es l'huile, tu restes dans
un récipient. Car il faut qu'il y ait des pressoirs. Regardez
le marc, regardez l'huile. Parfois, le monde exerce une pression,
par exemple : la famine, la guerre, la disette, les prix élevés, la
pauvreté, la mortalité, les pillages, l'avarice ; ce sont les pressoirs
des pauvres, les calamités des cités. Nous voyons ces choses.
Nous trouvons les hommes au milieu des pressoirs en train de
murmurer et de dire : "Voilà, en ces temps chrétiens, que de
malheurs !"
Comme le monde entier est un instrument à broyer, cela suggère
une autre comparaison : de même que c'est dans le four
que l'on éprouve l'or et l'argent, de même la tribulation permet
de mettre à l'épreuve les justes. La comparaison est tirée du
fourneau de l'orfèvre. Dans cet étroit creuset, il y a trois choses :
le feu, l'or et la paille. Et tu vois là l'image du monde tout entier.
Il y a la paille, il y a l'or et il y a le feu. La paille est brûlée, le feu
embrase ; l'or est mis à l'épreuve. Le monde est comme le fourneau
de l'orfèvre : les justes sont comme l'or, les impies comme
la paille, la tribulation comme le feu.»