Et cette porte, là-bas, qui se fermait...

Orphée écrit, pour lui-même et pour un journal, où il signe une chronique
quotidienne. Eurydice est professeur de lettres. Il boit, elle fume. Il est
jaloux, elle aime se sentir libre. Dans le labyrinthe de leur vie commune,
des portes s'ouvrent et se referment, innombrables, et nul ne saurait dire
si elles les conduisent vers les Enfers ou si elles les en ramènent ; si, à
travers elles, ils se retrouvent ou se perdent encore.
Par la magie des archétypes, on entre dans l'intimité de ce couple, que le
regard particulier de l'auteur arrache à toute banalité. Sans jamais quitter
les contours oniriques du mythe, on observe les gestes des amants,
décomposés, ralentis, magnifiés. La vie, l'amour, les malentendus passent
sous le microscope.
Une oeuvre atypique, riche en références et clins d'oeil semés çà et là
comme autant de petits pétards, qui écorchent le mythe sans jamais
l'abîmer vraiment.