Les bourreaux en France : du Moyen Age à l'abolition de la peine de mort

Depuis l'instauration de la charge au Moyen Age, le
bourreau est un personnage à la fois craint et méprisé,
mais indispensable dans une société où la peine
de mort constitue durant des siècles la clef de voûte
de toute justice. Comment est-il choisi ? Comment
vit-il ? Pourquoi et dans quelle mesure sa femme et
ses enfants participent à l'exécution des condamnés ?
Pourquoi l'Eglise ferme-t-elle les yeux sur les mariages
incestueux des bourreaux ? Pourquoi y a-t-il eu des dynasties
de bourreaux, les Jouanne, Desmorest, Sanson
ou Deibler ? Comment le public lui-même participe-t-il à
la mise à mort des condamnés ? Autant de questions qui
trouvent ici des réponses claires et illustrées d'exemples.
Les aspects techniques de la fonction - question, pendaison,
décapitation, noyade, ébouillantage, écartèlement
- sont essentiels, car ils répondent à un système très
codifié de mise à mort, tenant compte du crime commis
et du rang social du condamné. La Révolution bouscule
les rites séculaires, et l'adoption de la guillotine constitue
à elle seule une rupture majeure dans l'application
de la peine de mort et dans l'existence même
des bourreaux, jusqu'à l'abolition en 1981 qui
porte un coup fatal à la profession.