Le goût de la Renaissance : un dialogue entre collections

« Votre Renaissance n'est pas un phénomène de génération spontanée, éclos un beau matin.
Vous admettez bien un principe créateur, une influence quelconque ? - Sans doute, mais une influence autrement vaste et féconde que la vôtre, l'influence de l'antiquité, cause première du grand épanouissement européen des XV<sup>e</sup> et XVI<sup>e</sup> siècles. Un souffle de renouveau courait alors sur le monde. À peine sortie des fouilles ou échappée des couvents sur les ailes de l'imprimerie, l'antiquité avait envahi l'Italie ; elle commençait à pénétrer en France, en Espagne, en Allemagne, dans les Flandres et jusqu'en Angleterre. [...] L'Italie, devenue le grenier de la curiosité européenne, organise son exportation sur une grande échelle. [...] Tableaux, estampes, émaux, livres, faïences, médailles, l'antiquité, le moyen âge et les temps modernes, la grande et la petite curiosité arrivent pêle-mêle et inondent la place. Le torrent est irrésistible, il entraîne la mode et la foule ; les ventes engendrent l'amateur, l'amateur engendre les ventes, l'un pousse l'autre, et, le marchand aidant à tous les deux, le commerce de la curiosité prend des proportions inouïes. »