Précarité et replis identitaires au Gabon

L'auteur se lance dans un exercice laborieux et périlleux. Celui d'expliquer
la persistance et même l'aggravation de la précarité et son impact sur
les divers replis identitaires au Gabon. Cette situation est le résultat de
la gouvernance néopatrimoniale instaurée au Gabon depuis les années
1960. Dans cette forme de gestion de l'Etat, le patrimoine national est le
monopole de la famille régnante et de ses alliés objectifs.
Dans ces conditions, il n'est pas surprenant que le bonheur pour tous annoncé
en 2009 se traduise aujourd'hui, pour la grande majorité des Gabonais par
un salaire précaire, un habitat précaire et un vécu précaire à la retraite
pour les agents publics de l'État. Mais, pour mettre les populations sous le
joug d'une gouvernance inopérante, il ne semble rester aux continuateurs
d'Omar Bongo que la force légitime et le mensonge politique. Quant à
l'opposition, devant une sorte de verrouillage et de blocage de l'État, la
victimisation et l'instrumentalisation des sujets qui fâchent deviennent la
seule issue pour tenter d'exister.
En jouant ainsi sur les peurs et le ressentiment, le débat politique au Gabon
risque de virer irrémédiablement vers l'instrumentalisation des identités et
des appartenances. Malheureusement, en s'arc-boutant dans la posture
de : «ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous», celui qui «n'a
pas été élu comme on l'entend» et son entourage sont en train d'instaurer
une gouvernance exclusive d'un ostracisme pénalisant pour l'émergence
du Gabon en 2025. De ce fait, il se sont mis dans l'incapacité d'amorcer
une transition politique et générationnelle efficiente et apaisée, dont la
responsabilité historique leur incombait. Hélas !