44 av. J.-C., tuer César

Le 15 mars de l'an 44 avant notre ère, le maître de Rome, César, est lardé, en plein sénat, de vingt-trois coups de poignard.
Pourquoi des <<hommes honorables>> comme Brutus, des fidèles de toujours ou d'anciens adversaires comblés de bienfaits par César se sont-ils conjurés pour l'abattre ? Lassitude, ingratitude ou vertige devant la spirale de pouvoir qui aspirait César vers des hauteurs inconnues ? Croyaient-ils vraiment que, César mort, <<tout allait recommencer comme avant>> et que l'oligarchie pourrait s'adonner de nouveau aux jeux subtils de la <<politique politicienne>> ? Ont-ils eu raison d'exécuter un tyran, ou tort d'assassiner le Père de la Patrie ?
Mais, si le césaricide n'avait été qu'un banal tyrannicide, un accident survenu contre <<le sens de l'Histoire>>, il n'aurait pas, durant vingt siècles, suscité un tel débat, si âpre et si riche, entre César et Brutus, à travers leurs partisans. Il n'aurait pas si souvent et si continûment été représenté, décrit, évoqué, analysé par les poètes, les philosophes, les gens de lettres, les historiens, les sociologues...
Ainsi, de déchirure violente du tissu de l'Histoire, le césaricide est-il devenu un puissant mythe historique, l'un des rares mythes que Rome ait légués à notre culture aujourd'hui moribonde.