Les droits de l'homme : défis et mutations : actes des travaux marquant le XXVe anniversaire de l'IDHL

L'universalité des droits de l'homme, qui sont considérés comme un
instrument de la stratégie globale des Nations Unies dans la recherche de la
paix mondiale, a largement contribué à discréditer certaines pratiques dont
les États s'étaient fort bien accommodés des siècles durant, notamment : la loi
du plus fort, l'exploitation de l'homme, les discriminations diverses dont celles
fondés sur la race, le sexe ou l'origine, etc. Même si certaines de ces pratiques
subsistent aujourd'hui encore, sous des formes subtiles et variées, le chemin
parcouru depuis 1948 laisse penser à un certain progrès de l'humanité. On est
loin du temps où l'on pouvait contester ouvertement à certaines personnes ou
certains peuples des droits pourtant déclarés universels et inhérents à tous.
Toutefois, les droits de l'homme restent un principe de lutte qui requiert
en permanence la plus grande vigilance afin de prémunir l'humanité contre le
risque toujours possible d'imposture, voire de régression barbare. D'ailleurs,
le bilan des droits de l'homme au cours de ces deux dernières décennies laisse
penser que l'humanité n'est pas totalement à l'abri de la feritas destructrice
(nettoyage ethnique, génocide, trafic d'armes alimentant ainsi l'industrie de
la guerre ; ce à quoi s'ajoutent l'exploitation éhontée des êtres humains, la
pauvreté et la misère sociale qui ne cessent de jeter sur des chemins périlleux
des milliers de personnes à la recherche d'une hypothétique vie meilleure...).
L'humanité n'est pas non plus à l'abri de la vanitas avec ses remises en question
permanentes des «acquis civilisationnels», entre autres les nombreuses
récusations prétendument scientifiques de l'interdit pourtant absolu de la
torture.