Quand le mur était debout

Un livre militant et déconcertant qui a la saveur des nuits interminables
où l'on refait le monde, où entre deux whiskies
on rit à gorge déployée pou ne plus entendre la plainte des
damnés de la terre.
«J'aime les idées. Elles sont ma véritable famille, avec les
livres, avec les arbres. On ne peut rien leur reprocher. Elles sont
bonnes à manger. Elles saignent sous la gencive. Elles coupent
l'illusion de leur éclat de vitre brisée. Elles prennent leurs
virages en épingle à cheveux. Elles boxent le cerveau à coups
d'uppercuts. Elles le mettent K.-O. au tapis ou dans les cordes.
Elles sont comptées à dix sous narcotique. Elles traînent par le
licou le troupeau des ânes. Elles vous serrent la corde sur le col.
Elles ne vous lâchent que pendu. Elles se tartinent des fards du
passé. Elles jouent aux effrontées, aux sales gamines des rues.
Elles aiment être violées.
Les vieilles idées sont belles comme le bois bronzé des
façades. Les jeunes idées bégaient les recommencements. Elles
se targuent de brouiller les pistes. Elles ont perdu le nord et le
sens de la marche. Elles sont mouillées derrière les oreilles. On
les fesse, on les torche, on leur fait risette.»