L'épaule en dedans révélée : présentation d'un aspect méconnu de l'épaule en dedans, exercice d'apprentissage au rassembler, et des problèmes que pose son exécution actuelle : pour la sauvegarde du patrimoine culturel français dans le domaine de l'équitation

L'exercice qui se pratique aujourd'hui, et qu'on
appelle, à tort, l'épaule en dedans, est un exercice
dévoyé, revu et corrigé qui ne respecte pas le cahier
des charges de son inventeur, François Robichon de
la Guérinière. Faire croire aux cavaliers que le noeud
du problème est dans l'obliquité est une supercherie.
Le problème est ailleurs et l'exercice, qui cultive
exclusivement l'incurvation, est une contrefaçon.
C'est ce que se propose de démontrer cette étude en
s'appuyant sur une analyse sans concession du texte
originel. Il est, en effet, surprenant de constater à
quel point des écuyers parfois très avertis ont revisité
l'épaule en dedans avec une fantaisie déconcertante.
Ce travail met en évidence le danger qu'il y a à présenter l'épaule en dedans comme un
assouplissement simple et destiné aux reprises de premier niveau, alors que la Guérinière
voyait en elle la leçon la plus difficile et la plus utile. Cette contradiction présente le risque de
faire passer la Guérinière pour un simplet aux yeux de nos cavaliers débutants, alors même
que l'exercice actuel repose sur une mauvaise interprétation de son texte perpétrée depuis des
décennies. Une clarification de cet aspect était donc nécessaire.
Conformément à ce qu'en pense James Fillis,
«Ce travail est celui que je considère comme le plus long et le plus difficile», l'épaule en
dedans appartient à l'équitation savante et constitue, de ce fait, un exercice d'une difficulté
supérieure parce qu'il est l'antichambre du rassembler. Le sentiment du cheval qu'il
nécessite, celui de la flexion costale obtenue avec la main et associée à celle des articulations
postérieures, le met hors de portée du cavalier moyen, ce que confirme Steinbrecht :
«L'effet ainsi produit est un pur effet de rassembler, puisque les postérieurs, poussés en
avant, sont obligés maintenant de se ployer sous la masse.»
Mais pour être perçue comme telle, cette posture, si difficile à obtenir, donne lieu à des
sensations qui nécessitent une expérience familiarisée avec la flexion de toutes les articulations
postérieures, à commencer par celle de l'articulation lombo-sacrale. Cette flexion s'obtient
d'un cheval calme dont les hanches sont accessibles à la main, ce qui n'est pas le cas d'un
cheval dans une posture aplatie et bousculé sous des prétextes d'impulsion mal comprise,
tout en étant retenu avec des rênes d'autant plus incongrues qu'elles sont tendues.
L'épaule en dedans fait partie du Patrimoine culturel français. Elle est suffisamment défigurée
sur les terrains de concours pour que, selon l'expression consacrée par la Fédération Équestre
Internationale, soit entreprise sa sauvegarde et sa préservation des altérations auxquelles elle
est couramment exposée. En 2010, les cavaliers disposent pour la première fois d'une étude
scientifique sur l'épaule en dedans. Ils ont le droit de savoir qu'une épaule en dedans est autre
chose que ce qu'ils font. Ils ont donc maintenant le choix de pratiquer l'épaule en dedans ou
de continuer à errer indéfiniment. A l'attention de tous les cavaliers attachés à la tradition,
pour leur permettre de bénéficier des connaissances de leur époque et vérifier si l'équitation
qu'ils pratiquent est classique ou pas.
Un livre dont les révélations vont passionner les lecteurs à la recherche d'authenticité.