Dynamique de la manifestation

L'a priori universel de la corrélation entre l'étant transcendant et ses
modes de donnée subjectifs dessine le cadre minimal de toute
démarche qui se revendique de la phénoménologie. Il s'agit ici de
montrer qu'une analyse rigoureuse de la corrélation se déploie nécessairement
à trois niveaux et que la phénoménologie est ainsi vouée à se dépasser
elle-même vers une cosmologie et une métaphysique. Un premier niveau
d'analyse, proprement phénoménologique, permet d'établir que la
transcendance pure du monde se donne à un sujet dont le mode d'exister est
un certain mouvement, que nous caractérisons comme désir. Cependant, la
corrélation présuppose également un mode d'être commun aux deux pôles,
fondement de l'appartenance du sujet au monde. Pour autant que le sujet est
mouvement, le monde auquel il appartient doit lui-même être compris
comme une réalité processuelle : notre mouvement procède de l'archimouvement
du monde ; la phénoménologie dynamique renvoie à une
dynamique phénoménologique qui est synonyme d'une cosmologie. Dès lors,
la différence du sujet, sans laquelle il n'y a pas de corrélation, ne peut que
correspondre à une scission, plus originaire encore, qui affecte le procès même
de la manifestation sans néanmoins en procéder. Cette scission au coeur de
l'archi-mouvement doit être comprise comme un archi-événement : celui-ci
fait l'objet d'une métaphysique en un sens très singulier, qui recueille l'ultime
condition de possibilité de la phénoménologie elle-même.