Loin devant ! : oraisons funèbres pour Thierry Roland et autres personnages illustres ou anonymes de ce temps

Un nom, une date, un discours, quelques trémolos
dans la voix, une minute de silence... Il semblerait
que nos morts se ressemblent et que cela ne soit
pas du goût de Jérôme Leroy. Mordant, féroce,
nostalgique, il célèbre un jeune militant ou un
vigneron, un romancier ou une chanteuse
khôl-drogue-chignon. Le temps d'un portrait,
people ou inconnus deviennent des proches
dont la disparition nous indigne, nous bouleverse,
nous émeut.
On apprendra qu'une arme non-létale peut tuer,
qu'un gendre de Marx écrivit sur la paresse, on se
souviendra des seins de Sophie Barjac, des titres
de tous les Rohmer, du brushing de Farrah
Fawcett et du numéro du Prisonnier.
En cinquante-sept oraisons funèbres étincelantes,
Jérôme Leroy redonne tout son lustre à un exercice
d'admiration habituellement poussiéreux,
le transformant en une matière vivante et
irrévérencieuse. À lire la larme à l'oeil
et le sourire aux lèvres.