Portrait fantôme

Angleterre, 1680. Cromwell est tombé,
la monarchie est restaurée. C'est le crépuscule
de toute une époque - et d'un
homme. Le peintre Nathaniel Dell, autrefois
auréolé de gloire, n'est plus entouré
que de ténèbres : la solitude, la cécité, la
mort qui approche à grands pas, et les
remords d'une vie inachevée - comme son
dernier tableau, un portrait de sa défunte épouse. Le jeune
William Stroud, fils de meunier, fils de rien, aspirant peintre,
est convoqué par Dell, qui fut jadis son maître et lui demande
à présent de terminer le chef-d'oeuvre à peine ébauché. S'il
réussit cette prouesse, William gagnera la main de Cynthia, la
fille du vieil homme, qu'il aime en secret depuis des années.
Mais à vouloir ressusciter les amours mortes, on réveille les
tourments du passé, et voici qu'un autre fantôme vient hanter
Nathaniel : le spectre de sa propre jeunesse, lorsqu'il brandissait
le poing sur les barricades de la Guerre civile, au tambour
battant des utopies, de toutes les tentations, et des sirènes de
l'Amérique naissante.
Avec ce roman des illusions perdues, fresque intime et politique
à la fois, précis fulgurant de la décomposition de
l'homme dans l'Histoire, vanité baroque portée par une langue
somptueuse, Gregory Norminton s'impose définitivement
comme l'un des écrivains les plus doués de sa génération.