Platoniquement 1924

Tournant le dos à la révolution en marche,
Axieros est un héritier, pas un novateur. Il
célèbre un paradis perdu : l'Age d'or du
paganisme sans dieu et sans pape... Il
parle de l'amour entre hommes, affranchi
de la nécessité et de l'instinct. Sur un point
pourtant il innove : Ses personnages refusent
le mariage. Non parce qu'ils méprisent
les femmes, mais parce qu'Axieros
appartient à une génération qui s'oblige au
choix. Georges Eekhoud, Oscar Wilde,
André Gide étaient homosexuels et ils
aimaient «bien» leur femme, leurs
enfants, dans le cas de Wilde. Axieros
ouvre la voie aux homosexuels qui souhaitent
vivre un amour qui s'invente sans le
secours des institutions. Il ne pouvait deviner
qu'un jour viendrait ou les homosexuels
voudraient être «comme tout le
monde», où il revendiqueraient leur «droit
à l'indifférence» jusqu'à dans le mariage.
En attendant il affirme :
«Nous sommes secrètement flattés de
nous sentir différents des autres hommes
quand bien même ils nous font payer cher
le mépris dans lequel nous tenons leurs
coutumes niveleuses.»
Mirande Lucien