La Commune à Marseille

C'est l'un des épisodes parmi les plus dramatiques de la longue
histoire de Marseille que nous raconte avec verve et érudition
Claude Camous.
Il réussit en quelques pages à ne rien oublier des hommes et des
événements qui, durant neuf mois - d'août 1870 à avril 1871 -, auront
fait souffler sur le grand port phocéen une bourrasque révolutionnaire
plus violente qu'une tempête de mistral. [...]
Claude Camous est partout. Dans les salons de la préfecture où
Esquiros, mandaté par Gambetta, poète chevelu et homme politique
dépassé et brouillon, ajoute à la pagaille ambiante par ses décisions
intempestives ; dans la salle de l'Eldorado où Crémieux fait acclamer Paris
contre Versailles ; sur les barricades de la Bourse avec les insurgés,
auprès des canonniers du général d'Espivent qui fait tirer sur la
«racaille» depuis les hauteurs de Notre-Dame de la Garde pour ramener
les rebelles à la raison, et il suit heure par heure la dramatique journée
du 4 avril 1871 où le rêve s'achèvera dans le sang du cauchemar. Une autre
grande figure de l'époque domine ce récit haut en couleurs : c'est celle
d'Adolphe Thiers au sujet duquel les historiens sont toujours partagés.