La protection de la femme et de l'enfant dans les conflits armés en Afrique

Les avancées juridiques réalisées, au plan normatif, depuis un
demi-siècle, en matière de protection de l'être humain face à la guerre,
contrastent avec le sort vécu par les femmes et les enfants dans les
conflits armés en Afrique. Les femmes et les enfants sont instrumentalisés
par les belligérants, qui visent des victoires politiques et militaires
inespérées. L'humanité est chosifiée, enfance, féminité et maternité
devenant de vils outils aux mains de tortionnaires impénitents qui, de
surcroît, se confortent dans l'impunité et la toute-puissance. Dès lors,
il faudrait une mobilisation générale de tous les acteurs, dans une
approche pluridisciplinaire, pour une action concertée tendant à la prévention
concrète des conflits armés et à une meilleure gestion, juridictionnelle
et non juridictionnelle, de leurs effets dévastateurs sur les
femmes et les enfants. Dans cette dynamique, tout État africain devrait
assumer avec détermination les obligations légales qui lui incombent.
En particulier, il devrait régler la question de l'exclusion sociale des
femmes et des enfants, qui aggrave leur vulnérabilité face aux conflits
armés asymétriques. Il devrait aussi donner effet au droit conventionnel
de protection, en adoptant des mesures de réception au droit positif
des normes portant droits humains fondamentaux. De leur côté, les
acteurs de la communauté humanitaire devraient tendre à plus de
professionnalisme, en revenant au strict respect des principes fondateurs
de l'aide humanitaire et en inscrivant leurs initiatives dans une
logique proactive.