Histoire de la répression des opposants politiques (1792-1848) : la justice des vainqueurs

Louis XVI, Danton, Robespierre, Babeuf, le maréchal Ney, la duchesse
de Berry, Blanqui, Louis-Napoléon Bonaparte et bien d'autres encore,
quoique moins connus, ont un point commun : celui d'avoir été battus dans
le combat politique, puis traduits devant la justice des vainqueurs, qui est
aussi celle de leurs adversaires triomphants. Vaincus, et aux mains des
vainqueurs, quel sort pouvait bien attendre tous ces opposants ? La
répression, à l'évidence. Mais la répression selon quelles lois ? Sous quelles
formes ? Et à quelles peines ?
Toutes ces questions méritent d'autant plus d'être posées que le criminel
politique n'est pas un criminel comme un autre. Au contraire du criminel de
droit commun, en effet, le criminel politique ne représente pas seulement un
danger social ; en tant qu'adversaire du gouvernement, il incarne surtout une
menace politique. Le gouvernement peut donc être tenté de poursuivre ses
adversaires moins pour des raisons sociales que pour des raisons politiques.
Cet ouvrage, après avoir identifié les «vaincus», livrés pieds et poings
liés à la «justice des vainqueurs», a pour objet de situer, dans une juste
perspective, la place faite à l'opposant politique dans l'histoire de la justice
française entre 1792 et 1848, au cours de ce que chacun s'accorde à présenter
comme le demi-siècle le plus répressif de l'histoire de France.