Des forêts d'Alsace aux chemins de Normandie : la 43e division d'infanterie dans la guerre, 3 septembre 1939-26 juin 1940 : chronique d'un combat pour l'honneur

Mai-juin 1940... Cette référence à une période récente et particulièrement
sombre de notre histoire appelle encore trop souvent une volée de qualificatifs sans
nuance : incompétence, défaitisme, lâcheté... Certes, nombreux sont ceux qui ont
abandonné en même temps, leur arme et leur honneur. Pourtant, d'autres, plus nombreux
encore, ont su tenir leur rang, assumer sans passion et jusqu'au sacrifice un
combat qui pour beaucoup n'était pas un choix. Les 100 000 morts français des
âpres affrontements de mai et juin 1940 témoignent pour l'Histoire de la vigueur
d'une lutte trop vite devenue désespérée.
Parmi toutes les grandes unités françaises qui furent englouties dans la tourmente
d'un si bel été, la 43<sup>e</sup> division d'infanterie a su combattre avec courage et jusqu'aux
derniers instants. Née sur les bords du Rhin dans une Alsace riche et fière, elle a
passé la drôle de guerre dans l'extrême Est du pays puis en Champagne avant d'être
happée par la machine de guerre allemande. Maubeuge, la forêt de Mormal,
Longueville, Blaregnies, le canal de la Bassée... les régiments et les bataillons de la
divisions se sacrifient les uns après les autres. Les plus chanceux embarquent à
Dunkerque. Pourtant l'histoire n'est pas finie et le passage en Angleterre se compte
en heures.
Débarqués en Basse-Normandie, les rescapés vont tenter avec d'autres de
reconstituer des unités cohérentes. Cette phase est courte mais dense. Elle est
l'occasion de découvrir une région confrontée à la guerre et livrée à ses peurs.
Derniers efforts, derniers espoirs, l'armée allemande avance bien vite et les
magasins militaires normands sont bien vides...
Fondé sur l'étude minutieuse d'archives militaires inédites, ce livre a pour vocation
de rappeler à travers la description de l'itinéraire d'une division d'infanterie,
que le désastre de 1940 ne doit plus exclusivement être associé à l'image d'un combattant
d'opérette, médiocre et ridicule. Il ne s'agit pas de masquer les trop nombreuses
faiblesses, mais de rendre hommage à ceux qui ont su tenir alors qu'il était
autrement plus facile de lâcher.