Michel Crozier : réformer la société française

De Zola à Sartre, l'engagement par la pétition fut le principal mode
d'intervention des intellectuels. Il y eut aussi une forme alternative,
qui refusait de distinguer le connaître de l'agir, mais qui, plus silencieusement,
visait à réformer la société française.
Telles furent l'oeuvre et la vie du sociologue Michel Crozier (1922-2013).
On en a retenu aujourd'hui son apport décisif à la sociologie des
organisations ; il convient de redécouvrir, grâce à l'ouvrage de François
Chaubet, comment, dans un va-et-vient entre carrière scientifique et
internationale de haut vol, d'une part, et ambition revendiquée de
peser dans le débat politique français, de l'autre, Michel Crozier jeta
les fondements théoriques et les outils pratiques d'un réformisme
libéral soucieux de penser la réforme de l'État et l'émergence d'une
société de l'innovation.
Par là même, l'enquête s'ouvre à une histoire de la sociologie française
après 1945 et le rôle qui lui revint dans la modernisation du pays.