Les fables de La Fontaine comme on ne les a pas encore lues

Les «Fables» de Jean de La Fontaine peuvent-elles encore
recèler aujourd'hui un enseignement que l'on aurait
jusqu'ici méconnu ? Ce serait prétentieux de l'affirmer.
Elles ont été, depuis le XVII<sup>e</sup> siècle, tellement auscultées sous
toutes les coutures. On s'est intéressé à l'auteur, le prétendu
«bonhomme» La Fontaine, distrait et rêveur, dit-on, comme
un stéréotype campe «les poètes» ; puis on a recensé ses
sources, tous ces auteurs anciens ou plus récents auxquels
il n'a pas hésité à emprunter le sujet de ses histoires. On a
exploré son «monde» littéraire, son style, sa poésie, que
certains appellent sa «poétique», ou encore ses recettes
de fabrication, la «genèse» de ses fables. On s'est extasié
devant le «peintre animalier». On a tenté de déchiffrer sa
philosophie, sa morale ou encore sa politique à la faveur
des leçons de ses fables qui offrent autant d'objectifs que de
moyens à l'action. Sauf erreur, cependant, il ne semble pas
que l'on se soit jamais interrogé sur l'école de l'information
que sont ses fables.
Les fables de La Fontaine comme une école de l'information ?
Les a-t-on jamais lues sous cet angle ?