Je m'accuse...

Je m'accuse... après J'accuse : par le passage au
réfléchi, Léon Bloy endosse volontiers le rôle du
«vilain monsieur» qui ennuie de nouveau Zola, «le
bon ouvrier honnête». Dans une France sommairement
divisée en deux camps, attaquer Zola, c'est
prendre parti dans l'Affaire. Le titre le prouve
assez... C'est Zola qui est visé, non Dreyfus. La réputation
de l'écrivain cautionne l'auteur de J'accuse ,
devenu une figure de la III<sup>e</sup> République, «le
Penseur, comme autrefois le vieil Hugo» ironise
Bloy. En retour, la stature prise par le défenseur de
Dreyfus interdit désormais tout examen de ses
romans, comme l'expose benoîtement Groux à Bloy
qui retranscrit avec colère : «Qu'importe, à côté
d'un si grand rôle, et lorsqu'on a un si puissant levier
(la plume de l'auteur de J'accuse , bien entendu)
l'imbécile roman Fécondité ».
C'est cette censure que prétend lever Bloy, lecteur
redoutable...