Les chemins partagés : la vie de Cilette Ofaire

Qui aurait prédit à la petite Cécile Houriet, née au creux
du Jura, que plus tard elle serait peintre à Montparnasse,
solitaire épouse de soldat, errant dans les couloirs du
métro parisien pendant la Grande Guerre, peintre
encore, et mousse, à bord d'un petit bateau aux
dimensions d'un jouet, puis valeureuse capitaine aux
commandes d'un beau vapeur ; hôtesse rayonnante de
La Nostra, son île terrestre aux environs de Toulon ;
enfin, et d'abord, écrivaine, auteure, entre autres, d'un
des plus beaux récits de mer de la première moitié du
XX<sup>e</sup> siècle ?
Comme les chats (auxquels elle préférait les chiens),
Cilette Ofaire a connu plusieurs vies. De son enfance
désertée à sa vieillesse comblée, elle a passé par toutes
sortes d'états, dont le dénominateur commun fut
l'ouverture à l'autre, la solidarité, malgré une conscience
poignante de la solitude des êtres. Tour à tour peintre,
navigatrice et écrivaine, elle n'a cessé d'affirmer, par sa
parole et par ses actes, son inébranlable confiance en la
bonté humaine.