Apollinaire et L'enchanteur pourrissant : genèse d'une poétique

L'Enchanteur pourrissant est le premier ouvrage
qu'Apollinaire devait faire publier : une oeuvre
singulière à laquelle il allait accorder un statut
particulier jusqu'à la veille de sa mort en 1918.
De cette oeuvre on ne connaissait jusqu'alors qu'une
première ébauche parue en revue en 1904, et le texte
publié par Henry Kahnweiler illustré de bois gravés
d'André Derain en 1909.
Or voici qu'un manuscrit, le premier, après bien
des péripéties, allait réapparaître, comme aussi divers
feuillets autographes et des carnets longtemps gardés
sous le manteau. Il devenait possible dès lors de porter
un regard nouveau sur cette création, matrice de l'oeuvre
à venir, qui vient éclairer d'autre façon la genèse et
le cheminement de la poétique apollinarienne.
Car L'Enchanteur pourrissant n'est pas seulement
l'ouvrage, sans cesse retravaillé, qui devait
accompagner Apollinaire jusqu'à l'heure de
«La Chanson du mal-aimé». Il est aussi le creuset
de toute la poétique apollinarienne, et ses traces
se retrouveront jusque dans les toutes dernières
oeuvres du poète, alors même qu'il songeait à en faire
une nouvelle publication.
Cet ouvrage s'inscrit dans la continuité de l'édition
de L'Enchanteur pourrissant établie par Jean Burgos
en 1972, qui obtint le Prix de l'édition critique. Il vient
renouveler et enrichir les études sur l'exceptionnelle
créativité d'Apollinaire à travers l'un des textes
fondateurs de sa poétique.