Eros, logos, dialogos : huit études sur l'énonciation romanesque de Charles Sorel à Germaine de Staël

En dressant le bilan de ses recherches précédentes sur les formes romanesques d'Ancien Régime et en y intégrant de nouvelles, Aurelio Principato esquisse un parcours diachronique centré sur l'énonciation et articulé sur trois repères : le narrateur, les personnages et l'objet de la narration. Après avoir pris en examen les options qui s'offraient aux écrivains dits « libertins » (notamment Bussy-Rabutin et Crébillon) pour contourner l'indécence verbale, l'auteur aborde le traitement du dialogue, qui ajoute une troisième dimension au récit grâce à la modulation des points de vue dans le rapport du narrateur aux locuteurs fictifs ayant recours à d'autres ressources que celles du texte dramatique (comme dans le cas de Marivaux). C'est dans cette perspective historique que l'on peut relativiser la question longtemps débattue de la définition du discours indirect libre et que l'on peut chercher les causes de l'irruption du style « entrecoupé » au cours de la seconde moitié du XVIII<sup>e</sup> siècle. L'enquête s'achève sur l'orientation nouvelle que le roman imprime à l'expression du sentiment au seuil du nouveau siècle, tout en exploitant les expériences stylistiques accumulées dans ce passé récent.