1851, dix mille Drômois se révoltent : l'insurrection pour la République démocratique et sociale

Paris, 2 décembre 1851. Le jour n'est pas encore levé. Louis
Napoléon Bonaparte, président de la République, lance les opérations
d'un coup d'État qui va lui permettre, en toute illégalité, de rester à la
tête du pays et d'approcher son rêve : égaler son oncle et accéder au
trône impérial.
Quelques jours plus tard, dans nos villages de la Drôme, le tocsin
sonne, le tambour bat, des milliers de Drômois, dont la colère montait
depuis trois ans, se révoltent et marchent à la conquête des lieux de
pouvoir, armés de vieux fusils de chasse, de fourches, de bâtons et de
faux emmanchées à l'envers. Des morts et des blessés marqueront les
accrochages, en particulier lors des batailles de Crest et de Saint-Marcel-lès-Sauzet.
Partout, ce sera l'échec. Les insurgés, pourchassés
en plein hiver, s'entasseront dans les prisons drômoises et la tour de
Crest, puis subiront sans pouvoir se défendre de terribles sanctions.
L'envoi dans les bagnes et forteresses, en Guyane, à Toulon, à Belle-Île-en-Mer,
en Algérie, engendrera d'âpres souffrances, et souvent la
mort.
Pourquoi ces hommes et femmes se sont-ils révoltés ? Pourquoi ont-ils
échoué ? Cet échec a-t-il été définitif ? Telles sont les questions
majeures qui se posent à l'étude de cet événement.
L'insurrection de décembre 1851
et ses suites constituent un épisode
majeur de l'histoire de la Drôme.
L'émeute a été une des plus déterminées
et des plus meurtrières de
France, la répression des plus
vigoureuses, enfin la mémoire s'en
est marquée par l'ancrage politique
du département et par un
des très rares monuments français
commémorant cet événement : la
statue de l'Insurgé à Crest.