Le jour où Gary Cooper est mort

Michel Boujut a grandi entre deux drames familiaux, insérés
dans la tragédie collective des deux guerres mondiales. Celui
de son grand-père Maurice, fauché à 26 ans en septembre
1914, et celui de son père Pierre, prisonnier dans un stalag
pendant quatre ans et demi. À la troisième génération,
Michel, jeune appelé qui doit partir pour l'Algérie, décide de
rompre le cycle infernal du casse-pipe : il désertera. La raison
de son adieu aux armes, c'est «le refus, radical, d'une guerre
sale faite salement.»
Alors, au lieu de rejoindre son unité, le soldat Boujut Michel
arrive à Paris, le 13 mai 1961, le jour où le monde apprend la
mort de Gary Cooper. C'est un signe du destin : en attendant
de quitter la France, il se cachera pendant quinze jours dans
les salles obscures du Quartier latin. Ainsi naîtra une vocation
dont il fera son métier.
Critique de cinéma, essayiste et romancier, Michel Boujut
revient sur le moment clé qui a fait basculer son existence,
son refus d'aller combattre en Algérie. Loin d'être une
évocation nostalgique, ce livre plein d'élan nous fait partager
des coups de coeur de cinéphile, des passions littéraires, et
ouvre les portes d'une réflexion profonde sur la nécessité de
l'insoumission face à l'indignité.