L'armée française et la guerre d'Espagne : 1936-1939

La conflit a frappé à la porte de la France, une France pacifiste se
recroquevillant dans une tranquillité égoïste de camp retranché...
Si le gouvernement est idéologiquement en harmonie avec celui de
la République Espagnole, il n'a pas les moyens de ses ambitions
diplomatiques et géostratégiques, tandis que l'ensemble du corps
des officiers, attaché à l'ordre et à la tradition nationaliste et
viscéralement anticommuniste, gomme le fait que Franco reçoit une
aide militaire substantielle de l'Allemagne nazie qui reste
l'adversaire numéro un.
L'armée tiraillée entre la fidélité au régime républicain, le respect
de la constitution et son amour de la patrie «transformée», selon
ses vues politiques, trouvera dans la politique de non intervention
décidée par le gouvernement Blum un moyen de ne pas procéder à
des choix douloureux, de se cantonner à une introspection figée,
aboutissant à sa propre paralysie qui l'a conduite à la crispation, au
malaise, puis au désastre.
Le mérite de l'analyse de l'auteur est d'expliciter les raisons qui ont
fait que la pensée militaire de ce qui était considéré comme «la
meilleure armée du monde» ne s'est aucunement enrichie des
leçons tactiques du conflit espagnol, scellant ainsi sa perte et celle
de la nation qu'elle avait mission de défendre.